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Zane, zane, zane

Mis à jour : 19 déc. 2018

"And I'd rather play here

With all the madmen

For I'm quite content they're all as sane

As me "


Ce jour là 9 résidents du foyer Menez Roual de Dirinon étaient venus aider 3 artistes (deux danseurs/chorégraphes et un musicien) à créer, à s'exprimer. Début Janvier 2018, début de projet, début d'année, échange de regards, de mots, de sentiments. Début de voyage au coeur de la création, de l'expression, du don de soi. J'aime les répétitions de spectacles, peut-être plus encore que le spectacle fini qui n'appartient qu'aux spectateurs, qui le consomment. Durant les répétitions je trouve ce qui m'intéresse dans la vie, le processus.


Donc ce jeudi 11 Janvier 2018, j'ai téléphoné à un ami, Hervé le Borgne.


- Herwann m'a dit qu'il était en répétition toute la semaine avec un groupe de handicapés pour une création. Cela te dit qu'on aille y faire des photos ?


Hervé cela ne lui fait pas peur si je lui dis "handicapé", Ayana sa fille est classifiée ainsi. Je suis biologiste de formation, en biologie on aime bien les classifications, en société on aime bien les catégories, en économie aussi.


- Oui bien sûr (Hervé c'est quelqu'un de bien, il dit toujours oui ou non et comme ça tu sais). Vers quelle heure ?


Alors on est parti vers La Gare, je sais plus quand exactement. La Gare c'est celle du Relecq-Kerhuon, un village à côté de Brest. C'est une gare, mais pas que. C'est une salle de danse, mais pas que. Une salle de parkour aussi.


Ils étaient déjà là. Audrey, Frédérique, Laurent, Sébastien, ... , Herwann Asseh, Suzie Babin et Blutch (DJ). Les premiers sont les résidents, les autres sont intermittents. Herwann est chorégraphe et danseur, ou bien l'inverse. Enfin comme Suzie, il s'intéresse au corps. Blutch lui est musicien. Je ne le connais pas (mais vous peut-être et que cela ne vous empêche pas de chercher sur le net comme je l'ai fait, sur Soundcloud il y a une bonne vingtaine de titres en écoute libre).


Les résidents eux leur corps les intéressent, du moins c'est mon opinion. Qui que nous soyons, notre corps nous gène, d'une manière ou d'une autre. Depuis tout petit je ne sais que faire du mien. Bien entendu j'ai pratiqué le sport, et même sur les bords de la mer du Nord. Mais cela n'a jamais été mon violon d'Ingres. Je ne voue aucun culte, et encore moins celui du corps. Cependant on aimerait tous que ce corps nous obéisse, nous fasse se sentir beau lorsqu'il est nu...


Toutes les personnes du projet ne semblent avoir qu'un seul but. Libérer ce corps. La liberté c'est dure, et surtout c'est éphémère. On ne nous l'apprend pas à l'école, du moins pas souvent. Elle fait partie des trois mots magiques, inscrits sur les frontispices en France, mais jamais on ne nous dit qu'en vérité elle est furtive. Quand j'étais petit personne ne m'a jamais dit : « Tu sais , un jour pendant quelques secondes tu ressentiras la liberté, et puis elle s'en ira ou pour être plus exact, tu la feras partir. » Personne ne me l'a dit. On m'a juste dit qu'elle faisait partie des trois mots.


Ici on travaille dessus, tous, sans mots dire. Et c'est beau.


Cela aboutira peut-être à un spectacle. Surement à des trucs un peu poncifs avec petits fours et congratulations, on n'y échappe pas, et puis les petits fours c'est bon. Mais surtout cela aura été parsemé tout le long du chemin de moments de liberté, de libération, de moments magiques. Et pour moi c'est un privilège de pouvoir participer à cela. Et si une de ces images peut vous faire ressentir un peu de cela alors je serais le plus heureux des hommes, et des femmes, et du troisième sexe, parce que des images j'en ai gravé plein dans ma tête tout au long de ma vie, et généralement celles-ci correspondent aux moments où j'ai ressenti un peu de cette légèreté, de cette liberté.


















COMMUNIQUÉ RÉSIDENCE DE CRÉATION

DANSE & MUSIQUE

BLUTCH ET LA CIE MORAL SOUL

Avec les résidents de la Mutualité 29-56 du foyer Menez Roual à Dirinon

De janvier à juillet 2018

Fortes d’une collaboration fructueuse autour de la résidence pour la création du spectacle

L’Homme aux rideaux (2016-17), mais aussi en s’appuyant sur la dynamique de travail de

La Carène avec le jeune musicien Blutch et sur les expériences réussies avec la compagnie

Moral Soul de Herwann Asseh, La Carène et la Mutualité Française poursuivent l’aventure

et construisent ensemble un spectacle dans le cadre d’une action pluridisciplinaire d’envergure: la résidence de création se placera au coeur de la vie des usagers des différents foyers de la Mutualité, et les amènera à s’exprimer sur scène aux côtés d’artistes professionnels.

Ce spectacle, qui mêle danse et musique d’inspiration électronique en live, permettra de

toucher un grand nombre de résidents sur la saison 2017-18. Le point d’ancrage du projet

sera le foyer Menez Roual de Dirinon, disposant d’espaces adaptés, avec l’objectif d’aboutir

à une représentation en fin de saison.

Ce projet naît d’un constat commun de la Mutualité Française et de La Carène de la pertinence de mener à bien ces projets, tant pour les résidents, pour les artistes que pour

le public. Il est conforté par la rencontre de sensibilités partagées et d’envies entre les

artistes qui y participeront : le musicien Blutch, le danseur et chorégraphe Herwann Asseh

et la danseuse Suzie Babin de la compagnie Moral Soul.

La filière Handicap 29 de la Mutualité Française, est composée de 6 établissements, qui

accompagnent 483 usagers. Le centre Menez Roual accueille 45 adultes. Ils sont globalement atteint d’un handicap moteur avec déficiences associées et bénéficiant d’une

orientation C.D.A.P.H. « Foyer d’Accueil Médicalisé ».

Projet soutenu par la DRAC-ARS Bretagne et le Conseil Départemental du Finistère.



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